Le territoire sous pression : croissance urbaine et disparition des sols naturels
Dans les replis du Semnoz comme au détour des faubourgs d’Annecy, la question s’impose : comment concilier accueil de nouveaux habitants et préservation de la terre nourricière ? Chaque année en France, environ 23 000 hectares de terres sont consommés par l’urbanisation, selon le Commissariat général au Développement durable (CGDD, 2022). L’équivalent d’un département moyen tous les dix ans. Ce rythme, s’il a ralenti depuis la décennie 2000, demeure insoutenable face aux défis de la transition écologique.
L’artificialisation – ce mot aride qui recouvre la transformation irréversible de milieux vivants en surfaces bâties ou imperméabilisées – est souvent le reflet de deux dynamiques : l’extension pavillonnaire et les zones d’activités en périphérie. Or, au pied du Semnoz comme ailleurs, cette pression efface non seulement terres agricoles et forêts, mais aussi la richesse invisible des sols – leur capacité à filtrer l’eau, abriter le vivant, capter le carbone, fournir potagers ou jardins partagés.
Face à cette réalité, le législateur a introduit des garde-fous, à commencer par la fameuse loi Climat et Résilience (2021), qui vise le « Zéro Artificialisation Nette » (ZAN) à l’horizon 2050 (source : Ministère de la Transition Écologique). Objectif – diviser par deux le rythme d’artificialisation d’ici 2031. Enjeux : modeler la ville sur la ville, préférer la densification au grignotage.