Des cheminées à la pollution atmosphérique : le bois, pas si « naturel » ?
La combustion « incomplète » du bois libère de nombreux polluants : particules fines PM10 et PM2,5, monoxyde de carbone (CO), hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), composés organiques volatils (COV), dioxyde d’azote (NO2). Et contrairement aux idées reçues, la pollution qu’il génère se montre souvent bien supérieure à celle du gaz ou même du fioul, surtout en appareils anciens ou peu performants.
Les particules fines, inférieures à 2,5 microns (PM2,5), pénètrent profondément dans les poumons, voire dans le système sanguin. L’OMS (Organisation mondiale de la santé) estime que chaque année, en France, près de 40 000 décès prématurés seraient liés à la pollution de l’air, dont une grande part due aux particules fines.
Zoom sur le Semnoz et la Haute-Savoie : un effet « couvercle » amplifié
Les zones de montagne comme les environs du Semnoz paient un tribut double. D’une part, le bois y occupe une place plus grande dans l’imaginaire et les usages, par attachement au patrimoine mais aussi par nécessité économique. D’autre part, les conditions météorologiques hivernales — nuits longues, températures négatives, hautes pressions — bloquent l’air froid et emprisonnent les polluants au niveau du sol. C’est ce que l’on nomme l’inversion thermique.
- Il n’est pas rare d’observer lors de pics de pollution hivernaux sur Annecy, Rumilly ou Chambéry, des niveaux de PM10 qui dépassent de 3 à 5 fois les recommandations de l’OMS. (Source : Atmo AuRA).
- Ces épisodes affectent d’abord les personnes fragiles (enfants, seniors, asthmatiques) mais induisent aussi des effets chroniques sur la santé publique locale : maladies respiratoires, irritations, aggravation des pathologies cardio-vasculaires – et dans certains cas, effets cancérigènes de long terme (voir Santé Publique France).