Aux origines : une terre investie par et pour les habitants
À l’aube du XXe siècle, alors que la France s’urbanise à grande allure et que la pauvreté frappe durement certaines populations, émergent les premiers « jardins ouvriers ». Ils deviendront plus tard les « jardins familiaux », par refus du terme stigmatisant. Ces lopins sont alors pensés pour pallier la précarité alimentaire, offrir une bouffée d’air et un contact à la nature aux citadins, mais aussi transmettre des savoir-faire jardinés en train de se perdre.
Le « jardin partagé », quant à lui, apparaît plus récemment, courant des années 1990 en France, notamment sous l’impulsion d’associations citoyennes (comme le Réseau des jardins partagés – Jardinot, le réseau français des jardins partagés Jardinons ensemble ou le Réseau Semences Paysannes). Ceux-ci s’inspirent des community gardens new-yorkais, nés dans le Bronx des années 1970, réponses populaires à l’abandon urbain.
Les jardins pédagogiques prennent place quant à eux dans un mouvement de démocratisation de l’éducation à l’environnement. Ils essaiment surtout à partir des années 2000, portés par associations, enseignants ou collectivités, alors que les préoccupations écologiques et la nécessité de renouer avec le vivant s’imposent dans le débat public (Fondation des Hôpitaux).