De la dépendance à l’autonomie : repères à l’échelle locale
Sur le territoire français, les métropoles importent 95 % de leur alimentation, selon France Stratégie (France Stratégie, 2022). Dans le Grand Annecy, la situation ne diffère guère : la majorité des denrées consommées font des centaines, parfois des milliers de kilomètres avant d’atteindre nos marchés ou supermarchés.
L’autonomie alimentaire, entendue comme la capacité d’un territoire à subvenir à ses propres besoins de base en situation de tension (climat, crises sanitaires, ruptures logistiques...), demeure souvent faible en zone urbaine. C’est dans ce contexte que l’agriculture urbaine s’invite – non pour tout résoudre, mais pour amorcer une bascule.
- Paris intramuros produit environ 3 % des légumes consommés dans ses murs.
(Le Monde, 2022)
- Montréal est souvent citée en exemple avec près de 3 % d’autonomie pour les légumes frais,
(Habitat Québec)
- Annecy & bassin annécien : selon la Chambre d’Agriculture de Haute-Savoie, moins de 2 % des fruits et légumes consommés sont produits localement (hors circuits courts traditionnels).
Des proportions encore modestes, mais qui grimpent rapidement dès lors que des politiques de soutien, des collectifs et un peu de génie local s’associent. Le potentiel est réel : on estime que la transformation de 10 % seulement de l’espace urbain non bâti (friches, toits, espaces verts) en espaces cultivés pourrait faire doubler l’autoproduction de légumes dans certaines villes françaises (INRAE, 2021).