Quels leviers pour encourager ces mobilités actives ?
Des aménagements urbains mieux pensés
Les environnements favorables sont essentiels. À Annecy, comme dans de nombreuses communes du Grand Annecy, la sécurisation des abords d’école est un chantier prioritaire. On voit fleurir depuis 2019 des “rues scolaires”, ces portions fermées temporairement à la circulation automobile lors des entrées et sorties.
- Exemple local : Bagatelle, à Annecy, a inauguré sa “rue apaisée” en 2022 — la circulation y est interdite demi-heure matin et soir, permettant aux enfants de marcher librement, parfois de jouer, sous la surveillance d’animateurs.
- Signalétique et ralentisseurs : Installer des pictogrammes au sol, créer des passages surélevés ou élargir les trottoirs fluidifie le chemin des piétons et cyclistes, limitant les conflits d’usages.
- Stationnements adaptés : À Poissy ou à Annecy-le-Vieux, des “arceaux vélo” et abris couverts sécurisent la venue à bicyclette, un détail loin d’être anodin.
Le Cerema (Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement) souligne que la perception du danger, plus que le danger réel, pèse le plus dans le choix des parents. Repenser la voirie juste devant l’école désamorce ainsi de nombreux freins.
Pédibus et vélobus : une force communautaire
Lorsqu’on parle de mobilité active, on entend souvent parler de “pédibus” ou de “vélobus”. Imaginons un bus, mais sans moteur : des itinéraires définis, des horaires, des “conducteurs” adultes volontaires… sauf qu’ici, tout le monde avance à pied ou à deux-roues.
- Pédibus : Plus de 1050 lignes sont actives en France, selon la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB), dont une vingtaine sur le bassin annécien. Des enfants rejoignent un point de départ, puis “embarquent” les copains au fil de la rue, sous la responsabilité d’un parent chaque semaine, d’une assistante municipale ou d’un ou une bénévole d’association.
- Vélobus : À Grenoble, l’expérimentation a séduit 75 familles dès la première année, réduisant de 37% le nombre de trajets en voiture aux abords des écoles participantes (source : Grenoble-Alpes Métropole, 2022).
L’intérêt ? Créer une routine rassurante et conviviale, qui déleste la charge de temps et d’organisation pour les parents, tout en renforçant le sentiment de sécurité des enfants.